"Celui qui prend des risques peut perdre, celui qui n'en prend pas perd toujours." Xavier Tartacover

Le 05/10/2015 à 00:47

Auteur : Admin

Le dimanche rocambolesque du président

8H : Le réveil sonne, c’est parti pour une journée 100% échecs avec le forum des associations et notre premier match de N3.

8H37 : Mon café est encore chaud au moment où la mauvaise nouvelle de la journée tombe. Notre trésorier m’informe par sms qu’il a pris un coup froid en participant à la « Nuit Blanche » et qu’il n’est pas en état de jouer. Hugo, tu n’as plus l’âge de sortir jusqu’au bout de la nuit, il va falloir l’admettre ! Tu es désormais privé de sorti les veilles de match. J’envoie des sms en catastrophe au peu de joueurs potentiellement disponibles pour se décider à la dernière minute à traverser la région pour une partie d’échecs. Mais le dimanche ça dort.

9h30 : Il est temps de partir pour le forum des associations en faisant un petit crochet par le club pour aller chercher quelques pendules, que j’avais oubliée d’apporter la veille en installant notre stand.

10H : Me voilà au poste. Ce n’est pas la grande foule, les Levalloisiens sont dans leur lit, au marché ou à la messe. Heureusement Jean-Luc et Claude me rejoignent. Je les fais plancher sur une combinaison du grand Bobby Fischer et je colle un 3 ou 4-0 à Jean-Luc en Blitz, histoire de passer le temps. Finalement « la foule » finit par arriver. On a même  le droit à une brève visite de Guy.

11H30/12H : Mon téléphone vibre dans ma poche alors que je réponds aux questions des badauds qui s’arrêtent devant notre stand. Guy tente de me joindre désespérément. A peine reparti du forum, il a croisé notre camarade Pierre. Pierre, à qui j’ai envoyé un sms le matin même resté sans réponse. Guy me dit qu’il « y’a moyen » que Pierre joue, mais il faut que je l’appelle pour le motiver. Je m’exécute, mais Pierre ne semble pas très motivé. Il en profite d’ailleurs pour dénoncer un petit camarade. Il aurait vu Boualem au marché ce matin. Boualem, qui avait repoussé la convocation en N3 sous prétexte qu’il revenait d’Alger ce jour-là ??! (Une enquête est ouverte.) Finalement Pierre me dit que peut-être il va venir, mais que s’il n’est pas là à l’heure du rendez-vous c’est qu’il ne vient pas…

12H30 : Je quitte le forum. Je m’arrête en chemin au Franprix pour acheter un sandwich triangle et un paquet de gâteaux à manger sur la route.

12H 52 : Me voilà au rendez-vous devant le club.  Christian est là, toujours impeccablement à l’heure. Il est en compagnie de Thomas, un nouveau venu au club, anciennement bordelais, qui ne devenait pas s’imaginer dans quoi il allait tomber en signant chez nous. Guy et Georges arrive en même temps. Il est temps de partir. Sans nouvelle de Pierre, nous partons donc à 5, Harris et Bruno devant nous rejoindre directement sur place. Je monte avec Georges dans son pot de yaourt et alors qu’on allait partir, Guy nous fait remarquer qu’il a la place d’embarquer tout le monde dans son carrosse. C’est finalement tous serrés  dans la voiture de Guy que nous partons pour Savigny-le-Temple. Première fois que je vois Georges en passager depuis près de 20 ans que je le connais.

Le trajet se passe sans encombre. Nos discussions échiquéennes et géopolitiques ont permis à cette heure de route de passer rapidement.

13H50/14H : Arrivé sur place on fait le tour du pâté de maison avant de comprendre où se trouve l’entrée de la salle de jeu, bien camouflée. Nous sommes bien accueillis, la salle et spacieuse, je me dis que les péripéties sont derrière nous et qu’on va pouvoir enfin jouer aux échecs.

14H15 : Le match commence à l’heure. Tout le monde est là ou presque… Outre l’échiquier numéro 8 qui est vide puisque nous avons un forfait, il nous manque notre numéro 6. Les habitués ont déjà compris de qui il s’agit, Bruno est encore en retard. Sur le papier nos adversaires ont l’avantage sur les 5 premiers échiquiers, et nous avons l’avantage sur le 6 et le 7.

L’affaire des pendules

Tous ceux qui ont essayés le savent. Régler les pendules aux échecs est devenu un art subtil. Un art visiblement non maîtrisé par l’arbitre-joueur de la rencontre. Un premier incident vient de la partie de Christian, la pendule présentant un dysfonctionnement dès les premiers coups. Plusieurs parties seront ainsi touchées par le syndrome des « pendules folles ». La mienne par exemple a ajouté 13 minutes au passage du quarantième coup ?! Devant le désarroi de l’arbitre, j’ai fini par régler moi-même ma pendule, on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même.

L’arrivée de Bruno

Bruno sait ménager le suspense. On le sait au fond de nous qu’il va arriver. Toujours en retard, mais jamais assez pour être forfait. Il finira par arriver avec une bonne quarantaine de minutes de retard, mais avec une circonstance atténuante. En arrivant il a tout simplement trouvé porte close !! Incapable de rentrer dans la salle de jeu, située deux étages au-dessus de la porte fermée, il aurait poireauté une demi-heure avant qu’on ne lui ouvre. Pas d’inquiétude cependant, plus Bruno est en retard à la pendule, mieux il joue.

Premiers résultats

Georges est le premier à terminer. Son adversaire à oublier de « roquer », il n’en faut pas plus pour que notre Vice-président signe une victoire facile. La deuxième victoire vient peu de temps après du côté de Bruno !  (Là encore les habitués ne seront pas surpris. Les autres, ne cherchez pas à comprendre …). Christian, face à un adversaire qui avait la manie un peu pénible de jouer avec ses pièces dans ses mains, s’incline en mettant une pièce en prise. Thomas, qui jouait une première partie depuis 3 ans, choisit un mauvais plan et perd aussi. En comptant le forfait nous sommes donc menés 3-2 et il reste 3 parties : Guy, Harris et moi-même.

L’affaire de la notation des coups

Alors que je me prends la tête à deux main pour chercher les meilleurs coups dans une finale de Tours, où je m'efforce de trouver le chemin vers la nulle, Harris arrête la pendule pour réclamer que son adversaire note ses coups. En effet, en zeitnot, le Grand Maître qui fait face à Harris ne note plus ses coups depuis un moment. Or la règle est simple, avec l’incrément il faut noter jusqu’au bout. Le ton monte. L’adversaire d’Harris n’apprécie pas du tout cette demande et le fait savoir bruyamment sans se préoccuper des deux autres parties encore en cours. Je ne saurai vous faire un récit précis des évènements qui ont suivis, je me bouchais les oreilles pour tenter de ne pas perdre le fil de ma finale. Pour faire court, face au refus du Grand Maitre de suivre la décision de l’arbitre de son propre club, l’affaire s’est terminée par une victoire de Harris.

Les deux dernières parties se sont finalement terminées par la nulle. Guy a fait une partie comme il sait les faire. Une solide Française, une partie fermée que Jean-Luc aurait jugé ennuyante à mourir et finalement la résignation de l’adversaire, incapable de franchir la muraille. De mon côté la journée se finit bien avec une nulle contre un MF à 2232. « J’ai pas joué depuis quinze ans » me dira-t-il gentiment à la fin, afin sûrement de doucher mon enthousiasme. Vérification sur le site de la FIDE, il jouait encore en 2008, 15 ans est un poil exagéré…

Score final 3-3.

19H : On quitte Savigny, laissant l’adversaire d’Harris faire pression sur le malheureux arbitre de Savigny pour qu’une réclamation soit déposée.

Le trajet du retour fut un peu long, 1H30 de route, mais il y’avait des choses à raconter et Christian à chambrer, on a donc presque pas vu le temps passer. Traditionnel couscous avec Georges et Guy pour terminer.

A bientôt pour de nouvelles aventures. 


Commentaires

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jean luc le 06/10/2015 à 03:38

c'est un dimanche beaucoup plus calme et tranquille qui m'attendait , à savoir la très "festive" - journée des associations ........Moment essentiel dans la vie du cercle....au cours duquel, tout au long d'une très très longue journée, on voit défiler les familles qui toutes cachent dans leur sein un rejeton possédé par le génie des échecs. Evidemment nous portons le plus vif intérêt à ces Carlsen en chocolat . Quelques coups suffisent pour que notre enthousiasme tiédisse....c'est un peu monotone , et on finit presque par comprendre pourquoi les membres du cercle se font si rares à cette occasion.....

Christophe le 05/10/2015 à 19:34

Ah ah bien fait pour Spiridonov qui n'en est pas à son coup d'essai.Il avait arnaqué Pluyaud il y a 5-6 ans en reprenant un coup perdant (j'en parlais dans ce billet : http://echecs64.20minutes-blogs.fr/archive/2012/01/24/fressinet-roi-du-blitz-a-paris.html).De notre côté, un 3-3 également mais bien moins agité. Même si la dégringolade continue : je me retrouve 5e échiquier de N4 maintenant :)

Jean O le 05/10/2015 à 18:41

quand j'étais capitaine, il y avait un joueur qui avait la particularité de ne pas répondre s'il venait ou pas, une fois j'ai eu son explication : " si j'ai pas répondu, c'est que je venais " . Faut avoir des dons de voyance, en plus, quand on est capitaine

Hugo le 05/10/2015 à 12:33

Que de rebondissements !Excellent...Je reconnais que tu as raison, 5h du mat, plus de mon âge...;-)